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 LE PATHOS OU LE POIDS DE LA VIE I

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LancelotdeFohet
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MessageSujet: LE PATHOS OU LE POIDS DE LA VIE I   Ven 12 Déc 2008 - 4:42

LE PATHOS OU LE POIDS DE LA VIE
RÔLE
DE LA PATHOLOGIE

Dans cette mosaïque gigantesque qui cerne l'homme de
toutes parts, la psyché se construit au fil du temps toujours plus forte,
toujours plus individuelle, intégrant les morceaux du puzzle qui viennent peu à
peu la composer. L'homme, à la fois réceptacle et témoin de cette avancée,
transforme son paysage environnant au fil de ses métamorphoses et tente de
cerner son mode de penser le monde. Seul le corps se présente alors comme
l'élément stable et immuable, gardien et défenseur de la forme originelle. La
pathologie vient baliser ce parcours en manifestant les résistances opérées à ce
courant émancipateur qui arrache l'homme à son origine et sans cesse le pousse à
se dépasser.
Longtemps considérée comme la punition envoyée par les dieux aux
hommes, elle était alors reçue comme un fléau nécessaire au même titre que la
guerre ou la famine. Les raisons supérieures de la maladie collective ou
individuelle échappaient aux hommes, mais ces derniers avaient confiance dans la
justice divine et s'en remettaient à la Providence.
La puissance des
phénomènes d'individualisation, l'éloignement de l'homme de son origine ainsi
que l'accélération du temps ont eu raison de ces explications irrationnelles
relevant davantage d'une croyance que d'une réflexion. La pathologie est alors
apparue comme un élément insupportable ne pouvant être raccroché à aucune
logique. Dans le même temps, l'allongement de la durée de la vie associée à
l'invention de techniques permettant l'investigation matérialiste du corps ont
relégué le problème de la mort loin des préoccupations quotidiennes, brouillant
définitivement les pistes d'un sens possible de la maladie. Entre les causes
insondables de la volonté divine et la négation de tout sens, une troisième voie
semble s'ouvrir, qui accorde à l'homme la possibilité d'inscrire la pathologie
dans une logique évolutive, grâce notamment à cette faculté d'investir
l'origine.
En résumé de cette approche anthropologique du corps, nous pouvons
synthétiser le rôle de la maladie autour de trois objectifs: l'information d'une
distorsion, la protection de l'unité de l'être et la structuration
psychique.

La maladie, métaphore d'une vérité cachée
La maladie
signale en premier lieu une difficulté de métabolisation des processus externes.
Il s'agit en quelque sorte d'une mise en scène symptomatique des problèmes
relationnels en souffrance. Ce n'est certes pas une idée nouvelle, puisqu'elle a
été mise en avant par l'ensemble des psychanalystes, mais nous avons essayé de
montrer dans la première partie de ce travail que les mécanismes autorisant
cette métaphore symptomatique relèvent de processus complexes encore peu
explorés.
L'organisation interne se met en place à partir de l'organe en
correspondance avec le fonctionnement externe, ce qui suppose que la
construction psychique obéisse à des règles précises qui font notamment appel à
une corrélation étroite entre le processus physiologique et la nature de la
psyché; celle-ci se présente alors comme une extension des processus corporels.
Lorsque l'élaboration psychique rencontre des obstacles à sa formation, l'organe
le signale par un fonctionnement difficile pouvant aller jusqu'à un
dysfonctionnement.
Dans un deuxième temps, le fonctionnement corporel prend
en charge les déviations psychiques et assure la continuité de la vie. Le
fonctionnement organique s'adapte et corrige en quelque sorte les
positionnements face au réel, jusqu'à ce que le sujet mette en scène des
situations lui permettant de prendre conscience de ses difficultés.
Il
convient donc de distinguer les petites somatisations de l'enfance qui parlent
directement de la relation avec le milieu environnant et les manifestations
pathologiques qui surviendront plus tard, et dont le décryptage symbolique sera
beaucoup plus difficile. Si les signaux de l'enfant ne sont pas entendus, l'être
sera amené à déformer son fonctionnement organique et à l'adapter à la situation
relationnelle jusqu'à ce que, devenu adulte, les situations se rejouent,
invitant la personne à modifier son mode relationnel afin de libérer le jeu du
fonctionnement organique. On comprend alors la nécessité d'une logique de
répétition - que l'on pourrait qualifier de logique «destinale» - dont le corps
est le dépositaire.
Dans ce schéma, la pathologie physique et la pathologie
psychique sont indissociables. Les choses s'enchevêtrent dans une logique de
permanence et de continuité, de façon à garantir à l'homme un fonctionnement
unitaire entre son corps et ses facultés mentales. La maladie viendra à juste
titre parler d'une distorsion entre ces deux pôles et sera ainsi le garant d'une
évolution possible de l'humanité ou, tout au moins, de sa
permanence.
L'interprétation symbolique d'une pathologie ne pourra être
dissociée de l'histoire de la personne et de son vécu antérieur.

Source : La Maladie, le mythe et le symbole de Linda et René


Gandolfi - Edition du rocher

_________________
Cherchant, n'oublie jamais que vivre ici et maintenant te permet, par l'ancrage dans le quotidien et les gestes multiples de ta vie ordinaire, de t'exercer sans cesse à plus de conscience car "je ne suis réel que lorsque je suis !" disait Gurdjieff.
Ainsi s'extraire de l'illusion pour entrer dans la réalité de l'Eveil, tel est le propos sous-jacent à l'ensemble du forum.
Bien à vous.
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