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 LE JUGEMENT

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LancelotdeFohet
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MessageSujet: LE JUGEMENT   Mar 28 Juil 2009 - 1:37

LE JUGEMENT

D’une part, le jugement désigne la faculté de l’esprit qui permet de bien
évaluer les choses qui ne font pas l’objet d’une connaissance immédiate
certaine ni d’une démonstration rigoureuse.

Cette faculté permet de conclure, suite à une observation et à un constat,
qu’il peut exister quelque chose d’autre que ce que l’on pensait ou savait.
Ensuite, il désigne le fait d’établir une décision en tant que tribunal ou
arbitre. Enfin, le jugement désigne l’appréciation établie d’après un système
de valeurs, attestant de ce qu’un être tient pour bon ou tient pour mauvais.
En fait, le jugement désigne la faculté de comprendre et d’apprécier sainement,
donc avec discernement.

Fondée sur l’expérience personnelle, cette faculté devient rapidement subjective,
partiale et… arbitraire.

Elle exprime une sentence à partir des croyances personnelles et du vécu
individuel à partir d’un système de valeurs ou de principes moraux. En
principe, le jugement devrait servir à développer le discernement, à faire le
point sur soi-même, à faire un bilan pour comprendre lucidement les
possibilités offertes par une expérience ou à bien s’organiser dans la vie.

Mais, chez la majorité, cette faculté s’érige rapidement en tribunal suprême, à
partir de sa perception de la vérité, mieux dit de sa vérité. Chacun juge selon
ses critères et ses valeurs, à partir de ce qu’il tient pour légitime et licite
et ce qu’il tient pour illégitime et illicite.

À ce propos, quelqu’un a dit
avec humour, cynisme ou réalisme que le jugement est un juge qui ment.

On pourrait comprendre un fait sans en juger si on savait vraiment pourquoi il
s’est produit et à quelle fin il a été produit.

Le besoin de juger illustre un besoin de prouver sa supériorité dissimulant une
crainte d’infériorité.
Et on juge les autres dans la mesure qu’on se juge, les
jugeant d’autant plus sévèrement qu’on sent le besoin de se disculper, de
diriger le regard d’autrui ailleurs que sur soi.

Quelqu’un a dit : Lorsque vous condamnez quelqu'un pour une chose ou une
autre, c'est en réalité des aspects de vous-même que vous jugez à travers un
autre.

C'est là la raison pour laquelle ceux-ci sont si faciles à identifier.
C'est la raison pour laquelle votre attention est attirée par ces aspects.

L'entité devant vous est seulement le miroir des jugements que vous portez à
votre encontre; et cela peut vous aider à réconcilier les jugements que vous
avez sur vous-même que vous avez acceptés d'autres entités.

Ainsi, il faut
savoir que qui juge se juge, car nul ne pourrait prendre conscience d’un fait
s’il ne portait pas en lui sa correspondance.

Surtout, en se jugeant et en
jugeant les autres, on entretient une vibration négative qui écarte de la
compréhension et de la compassion.
Car le jugement évoque toujours un e
manifestation de la personnalité (ego) qui établit ses préférences à partir des
ses propres critères.

Le jugement de valeur résulte de la propension à tout évaluer et comparer, à
projeter ses pensées sur autrui, à se raconter toutes sortes d’histoires sur
soi-même et sur les autres.

C’est bien connu, quand on ne sait pas, on invente,
pour satisfaire la curiosité insatiable de son mental. Ainsi, le jugement
empêche de voir clairement les réalités comme elles sont. Il amène à
interpréter la réalité, colorant le ressenti.

Il empêche de décrire les choses
exactement comme elles sont, ses perceptions étant incapables de voir au-delà
des illusions.

Tout bien compté, plus on est attaché à une personne, plus on
s’illusionne sur son compte et plus on la juge faussement.

Il arrive qu’on dise
qu’on connaisse quelqu’un comme si on l’avait tricoté.

Pourtant, comme on ne se
connaît aussi mal, comment cela peut-il être possible?

Peut-on connaître autrui
mieux que soi-même?

Peut-on connaître autrui si on ne se connaît pas soi-même?

Lorsqu’on est trop attaché à une personne, on ne parvient plus à cerner sa
réalité ou on ne veut plus la regarder de façon objective, de sorte qu’on croit
impossible qu’elle puisse changer.

On ne vit que pour le jour où elle deviendra
enfin ce qu’on sait qu’elle peut être.

Ici, il faut bien comprendre que ne pas juger ne signifie pas ne pas avoir
d’opinion.

L’opinion peut réprouver, condamner, générer l’action, mais elle le
fait avec amour et objectivité, donc sans mépris, sans aversion, sans jalousie,
sans colère.

Si elle reste une expression paisible de l’être, elle devient un
ferment de liberté.

Tout accepter sans se prononcer révèle souvent une
passivité qui encourage l’injustice :
il s’agit du faux détachement du
paresseux du cœur.

Comme la distinction est subtile, la frontière, fort mince,
seule la pureté d’intention et la volonté d’aimer permet de faire la
différence.

Il n’en reste pas moins que le réflexe du jugement bloque la
circulation de l’énergie et qu’il épuise son auteur. La plupart du temps, il
exprime la révolte souffrante de l’ego dont la vision réductrice se veut mesure
d e tout.

Qui plus est, qui juge entretient l’esprit de séparativité.
Qui
divise œuvre du côté des forces sombres : il entretient la dualité et il
épaissit la négativité.

Qui exprime son opinion sur les autres, à tort et à
travers, lance le message subtil que, dans ce monde, il y a des manières d’être
conformes et acceptable et d’autres qui ne le sont pas.

Il exprime qu’il faut
se conformer à des normes pour être accepté.

Du coup, il exprime qu’on ne peut
soi-même être accepté des autres que dans certaines conditions.

Voilà qui mène tout droit à la confrontation et à l’ostracisme ou à un dialogue
intérieur de critique et d’autocritique.

Alors, on forme des images négatives
de soi ou des autres, créant en soi une ouverture qui permet qu’elles
reviennent directement sur soi.


Tout jugement est porté à partir d’une échelle de valeur, relative en
elle-même, qui élève ou rabaisse les autres autant que soi-même. On empêche
tout les gens de vivre en accord avec eux-mêmes.

C’est ainsi que, par manque
d’amour, on écarte ou rejette trop de personnes utiles à son évolution. Les
autres ne servent-ils pas de miroir qui réfléchit ses grandeurs et ses
faiblesses?

Dieu ne juge jamais : patient, au moment opportun, il se
contente de donner à chacun les moyens d’apprendre à partir de ses erreurs, de
manière à pouvoir grandir et évoluer.

Alors, si Dieu ne juge pas, qui peut se
permettre de juger?

Puisque c’est la plus belle vision qu’on puisse se former d’autrui, plutôt que
de juger, il vaudrait mieux supposer, ce qui est la réalité, que chaque
personne est en instance d’évolution, donc en voie d’atteindre son potentiel le
plus élevé, sa Perfection, par la perfection du moment.

Mais il n’est pas
facile d’arriver à ce degré de compréhension.

Si ce qu’une autre personne fait
présentement ne se conforme pas à l’harmonie avec son plus grand bien, cela
reste son problème, s’il y a problème, non le sien.

Envoyer de l’amour dans les
circonstances déplaisantes aide beaucoup plus que de projeter ses jugements
personnels, souvent plutôt négatifs. Mais il est moins facile de le faire que
de juger.

En dépassant ses jugements, on apprend à voir les autres avec les
yeux de la compassion, ce qui amène à se sentir lié à leur des tin, une partie
du destin commun.

Si on savait regarder les autres sans les juger sur ce qu’ils
sont et font, on les ressentirait plus profondément.
On ne peut aider les
autres si on se sépare d’elles par ses préjugés.

On ne peut les aider que si on
se centre sur ce qu’il y a de beau et de bon en eux, leur envoyant de la
lumière par les yeux et de l’amour par le cœur.


Attention : garder une vision élevée de quelqu’un consiste à la voir
clairement dans sa réalité actuelle et de l’aimer pour ce qu’elle est
maintenant.

Il s’agit de se centrer sur ses qualités plutôt que sur ses
faiblesses.

Quand on n’accorde ses soins qu’aux plantes qu’on n’aime pas, on
laisse s’étioler les plantes qu’on aime, et celles qu’on n’aime pas prospèrent,
prenant le dessus sur les autres. En revanche, on ne peut pas juger une
personne qu’on ne connaît pas.

Connaître une personne, c’est l’atteindre par
l’intérieur, au niveau de son âme, non pouvoir la décrire dans ses apparences.

Or les apparences masquent ce qu’il y a à l’intérieur. Or, au-delà des
illusions, à l’intérieur, chacun est une merveille, un chef-d’œuvre de la
Création.

Une réflexion concomitante

Plusieurs gagneraient à méditer sur cette sage réflexion de Denis Adem, qui
signe souvent Deniz :

Si je vois un défaut chez une personne, et que cela
attire mon attention, je polarise, je juge (mental) et cela m’irrite
(émotionnel) :

cela veut-il dire que j’ai ce défaut en moi qui résonne?

Ceci
est un raisonnement trop linéaire et trop limité, donc trop simpliste (ouf !).
En fait, comme tout l’univers est en moi, j’ai toutes les qualités et tous les
défauts…mais j’en ai les traits à des degrés divers, et seuls quelques-uns dans
cette vie-ci sont évidents.

Prenons un exemple :

je constate une injustice, et
cela m’énerve au plus au point, j’ai envie de réagir. Cela ne veut pas
forcément dire que moi-même, dans cette vie-ci (dont j’ai seulement conscience)
je suis injuste, cela peut plutôt me montrer que j’ai une facette de moi, dans
une vi e dont je n’ai pas conscience, qui a choisi de faire l’expérience de
l’injustice.

Cette facette a besoin d’être intégrée en moi, et fait appel à ma
conscience en projetant une scène de la vie où je vais pouvoir observer une
injustice.

Et comme chaque fois, je vais être amené à faire un choix :
soit
réagir à ce que mon système de croyance juge comme mauvais, et donc le rejeter
(auquel cas, il n’aura de cesse de revenir),

soit l’accepter, le transmuter et
l’intégrer.

Et si on prend le cas d’un défaut qu’on a effectivement, mais dont
on n’a pas conscience, qu’on refuse de reconnaître, dont on a honte :
la vie va
bien s’arranger pour nous y faire face pour que nous puissions faire le choix
de le reconnaître.

Dans le premier cas (facette), on peut se dire qu’on a connu
TOUS les rôles, le bon, le méchant, le beau, le laid, …si bien que forcémen t,
tout défaut qui nous fait réagir est à pardonner et à intégrer sans se poser de
question.

La personne que l’on voit qui a un tel défaut n’est tout simplement
que le reflet de la facette qu’on ignore qui se porte à notre conscience.

Dans
le second cas, il faut bien se dire que si on a un défaut, c’est que c’est
voulu !

En effet, ce défaut a été programmé avant notre naissance par notre
âme, afin de vivre certains types d’expériences, et de pouvoir ainsi le transmuter.

Il n’y a donc aucune culpabilité à avoir, par contre, il s’agit d’en prendre
conscience, d’en assumer la responsabilité, afin de pouvoir l’intégrer.

© 2009 Bertrand Duhaime (Douraganandâ)

Note : Nous accordons le droit de reproduire ce document dans la mesure où on
le reproduira intégralement --donc sans aucune suppression, modification,
transformation ou annotation-- se donnant la peine d’en préciser le nom de
l’auteur, Bertrand Duhaime (Douraganandâ), la source,
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien],
et d'y joindre également, au complet, en tête ou en pied de texte, la
présente directive, donnée en note.

_________________
Cherchant, n'oublie jamais que vivre ici et maintenant te permet, par l'ancrage dans le quotidien et les gestes multiples de ta vie ordinaire, de t'exercer sans cesse à plus de conscience car "je ne suis réel que lorsque je suis !" disait Gurdjieff.
Ainsi s'extraire de l'illusion pour entrer dans la réalité de l'Eveil, tel est le propos sous-jacent à l'ensemble du forum.
Bien à vous.
                                                              Lancelot .
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zeups djoungné



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MessageSujet: Re: LE JUGEMENT   Mar 28 Juil 2009 - 9:12

Ce sont des vies d'apprentissage, comme le dit si bien ce texte, l'émotion étant l'énergie qui nous permet d'analyser pour voir notre propre souffrance et non celle d'autrui. C'est un beau travail d'introspection qui annule les projections.
Grâce à l'activation de ce point de centrage, le jugement s'efface, mais il faut du temps, ce travail appartient à la dimension de Kairos, hors du temps.
Je me souviens de cet état dans lequel je me trouvais lors de ma NDE, je voyais sans juger, j'étais dans le sentiment et non dans l'émotion.
A mon retour dans cette vie, je réintégrais l'enveloppe charnel ainsi que toutes les souffrances que j'y avais laissé.
Je compris que mon premier travail était de libérer cette vie.
Prajnanpad dit lui même, le premier travail de l'homme est de devenir adulte. Ce qui signifie, qu'il se doit de se libérer de toutes les couches de souffrances accumulées sur lui par la vision erronée pour atteindre la vision juste.
Cette vision juste se situe dans le coeur, mais il ne suffit pas de se le dire, il faut avant, se libérer, libérer son être de la mentalisation.
Ce travail demande beaucoup d'acceptation, d'indulgence envers soi même, car nous ne sommes que des enfants sur la voie de guérison. Nous sommes indulgents envers les enfants, soyons le envers nous même et nous atteindrons la voie du coeur.

Amour et Paix pour tout et tous.

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LancelotdeFohet
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MessageSujet: Re: LE JUGEMENT   Mar 28 Juil 2009 - 9:28

oui tout à fait superbe c'est cà le boulot de notre incarnation et en attendant d être parfait
on peut toujours émettre des souhaits positifs et envoyer de l'amour et de la compassion à tous les êtres et comme disait Lama Guendune savez vous que vous faites partie de tous les êtres ? om mani peme houng.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

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Ainsi s'extraire de l'illusion pour entrer dans la réalité de l'Eveil, tel est le propos sous-jacent à l'ensemble du forum.
Bien à vous.
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